« IL ETAIT UNE FOIS ... UN ENTREPRENEUR ! »
LeadershipAuteur :
Guy Bourgeois 
Conférencier et auteur
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GENÈSE D’UNE ENTREPRISE
Le tout débute par le désir de faire quelque chose. Une idée germe dans la tête de l’entrepreneur. Petit à petit, il élabore son concept, pendant des mois. Il décide enfin de passer à l’action et de démarrer son entreprise. Ses débuts sont souvent modestes; il travaille de sa maison ou de son garage et cumule deux emplois. Il crée l’insécurité au sein de sa famille en prenant des risques financiers. Il travaille de longues heures. Il ne se verse pas de salaire, pendant des mois. Son projet commence à prendre forme. Ses voisins et amis, entre eux, émettent souvent des doutes: «Je ne sais pas si ça va marcher, son affaire».
Le temps de prendre de l’expansion arrive. Il doit aller vendre son idée, souvent en rampant, à un banquier hautain, qui n’a pas fait le quart de ce que l’entrepreneur a dû faire pour se rendre là. S’il est tenace et travaille fort, il va réussir.
Il commence à avoir besoin de renfort. Il met une petite annonce dans le journal. Il a besoin de deux employés. Il les traite comme il traiterait les membres de sa famille. Il commence à se verser un petit salaire, souvent équivalent à la moitié de ce qu’il donne à ses employés. Son entreprise continue de grandir.
Il traverse une période difficile. Il perd un gros client. Il doit emprunter de nouveau. Ce n’est pas grave, le rêve prend le dessus, il se relève les manches et travaille plus fort. Les affaires reprennent. Le nombre d’employés augmente encore, mais l’ambiance d’une entreprise familiale est plus difficile à maintenir. Il commence à goûter aux fruits de son labeur et à se récompenser pour les multiples risques qu’il a pris. Il est fier de lui et il veut le montrer.
C’est là que les choses commencent à changer. Ceux qui ne l’ont pas vu travailler fort et qui le voient maintenant rouler en Volvo disent; «regarde le parvenu, le voleur». L’esprit de famille s’effritant encore, dû au plus grand nombre d’employés, certains commencent à le trouver arrogant. On commence à utiliser le terme «l’employeur» en parlant de lui. «Ce n’est pas juste. Il a réussi. Il a forcément triché quelque part et exploité des gens». Puis, à un moment donné, les gars de l’impôt se rendent chez lui. Lui qui, en trois ans, grâce à son rêve, a permis à trente sept - chômeurs de ne plus avoir à dépendre de prestations gouvernementales, a oublié de déduire le kilométrage qu’il faisait lorsqu’il allait reconduire ses enfants au soccer, dans sa vielle Caravan ainsi que l’utilisation personnelle qu’il a fait du cellulaire de sa compagnie. C’est sûrement un «croche» et un profiteur pour avoir fait ça. Malgré tout, il continue à se battre et foncer parce que c’est un entrepreneur et que tous ces petits désagréments pèsent bien peu dans la balance s’il les compare à la grande satisfaction qu’il a à bâtir son entreprise et à créer des emplois.
Cette histoire est celle de dizaines de milliers d’entrepreneurs québécois. C’est vous tous, qui vous vous reconnaissez dans ce récit, que je veux féliciter pour vos efforts et votre ténacité. MERCI pour les emplois que vous créez !













